Tyrannitite aigüe

Quelles sont ces plaintes,

Ces plaintes qui manquent d’entrain ?

Quel est ce vide,

Ce vide qui cache un tel fatras ?

Quel est donc ce verre qui se brise dans l’ignorance et l’indifférence ?

Dans ce silence que nul n’entend.

Quelle est cette agonie imperceptible  qui fait tant fuir mes semblables ?

Cette noirceur qu’on m’accuse d’être coupable.

Ne suis-je pas victime à vos regards ? À vos yeux noirs ?

Suis-je à l’image de mon bourreau ?

Est-ce alors une possession qui laisse mon âme tout à fait consciente ?

Quelle torture!

Ni la vie ni la mort ne répond!

Cet entre-deux qui est ma prison.

Ô! Pour quelle raison une enfant née promptement doit-elle purger une si lourde peine?

AUDIO :

https://drive.google.com/file/d/1JiL5Ad3Zx5VyC230euNXGtDMmdNqr5_H/view?usp=sharing

Les mots qui te parlent #19 : S – Soupir

Soupir.

Ah si seulement tout se passait comme prévu !

Soupir

Oh mon coeur a la gueule de bois parce que j’ai trop bu

Soupir

Mais oui, c’est en voulant marcher les yeux bandés

Que je suis tombée, les genoux tout écorchés.

Soupir

Il y a des maux qui coulent dans les veines, dans le sang

Et les mots de ma bouche qui me coupent les dents

Soupir

Je souill’ le lin blanc de mes yeux tuméfiés

La nuit d’encre fut rude, les oreillés inondés

L’onirisme rosé confronté à l’abîme

De la vie dépouillée, chiffonnée et cassée

Les violons pleurent l’épopée de la jolie poupée

Qui bouleversée un soir a voulu se découdre

Jusqu’à ce qu’un coffre contenant son bonheur

Enfermé depuis des siècles fait appel à dépoudre

Elle à qui ont avait inculqué ce doux leurre

Qui avait pour projet de la robotiser

Dans cet indigne monde qui l’aurait torturée

On voulait lui montrer que son corps était vide

Et que les sentiments partiraient en grandissant

Ainsi elle se crut souffrante lorsqu’ils prospéraient

Parce que les lacunes dans son être ont fini par la perdre

Dans ce fouilli infernal qu’elle croyait être vide

Mais ce sont les chaînes qui se sont emmelées

Le vide ne peut emmêler que le vide

Et le ventre trop noué, elle en chercha la clé

Pour comprendre un beau jour que le vide pouvait se combler

par la seule pensée que le fantasme est né

La poupée de chiffon grandit soudainement

Et ses souliers de verres se brisèrent promptement

Et sa peau de tissu s’adoucissa brusquement

Un sourire s’esquissa et marqua son visage

Et ses larmes coulèrent jusqu’à la fin des temps

Pour une toute nouvelle raison qui traversa les ans

Ses sentiments prirent sens et les offra aux ignorants

Parce que l’existence c’est pleurer ses malheurs et sourire au bonheur

C’est pour ça que les larmes désormais ont un coeur.

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