Le monstre d’hiver

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La cuisinière à bois tel un monstre incommodant qui m’a sauvé. Difficile à nourrir ! Car c’est une bouche en plus – oui, à nourrir – et quelle bouche ! Son halène accrocheuse, que chacun devine et juge idiotement. Il nous a sauvé, il nous a sauvé des griffes lacérantes du froid, énorme monstre où péri le bois.

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Les enfants que nous étions se satisfaisaient du bruit et de l’effet que produisait la mort de l’eau sur son ardente plaque. La joie de réchauffer nos petites mains rougies après les avoir laver à l’eau froide

Il brunit les murs et empeste chez les pauvres, s’incruste dans les haillons et les cheveux cassés. Il est là à sauver les familles qui frémissent; son ardeur adoucissant les claques glaciales.

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Honte sociale qui rechauffe les draps. Mort le matin, nos mains doivent le sustenter à nouveau. Lorsque la nourriture se fait rare, le monstre dort ou est mort et jamais ne se réveille, jusqu’au prochain festin que nous pourront lui offrir.

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